D’aucuns seront sans doute choqués de me lire puisque je vais une fois de plus parler ici de ma génitrice, celle que j’appelle depuis des années “Maman”. Je le fais pour convaincre toutes les personnes qui accèderont à ce blog, désireuses de trouver une réponse à leurs questions ou tout simplement à leurs imcompréhensions devant un phénomène que nous ne nommons pas toujours comme il se doit. Les mots qui peuvent venir à l’esprit le plus souvent … méchanceté, jalousie, cruauté, manipulation, narcissisme … Et pourtant, vous pouvez être jaloux, vous pouvez être un tantinet méchant, vous pouvez être désagréable, vous pouvez être manipulateur… A des degrés acceptables… Mais si vous avez rencontré des personnes X et Y qui répondent à tous ces critères et sans modération, alors économisez votre salive … Il s’agit de manipulateurs pervers ou pervers narcissiques … Ces deux mots contiennent tout ce que vous avez lu précédemment. Au fur et à mesure des lectures, ils existent des “sous titres” à cette catégorie d’individus mais c’est encore un peu compliqué pour moi.
Ma mère : certes, elle n’a pas eu une enfance florissante. Je dirais même tout le contraire. Maman fait partie de cette population longtemps et encore aujourd’hui dénigrée par tout un chacun… Les gitans, les manouches, et de façon plus péjorative encore … Les voleurs de poules (les filles, je ne l’ai pas fait exprès !!!!). Et j’imagine, pour l’avoir entendue maintes fois conter son enfance, qu’elle a eu plus de jours noirs que de lumière dans sa prime jeunesse. Mais est-ce une raison ?
Est-ce une raison pour mettre des enfants au monde et les inviter à grandir dans une société déjà particulière avec un handicap. Celui du manque de confiance en soi, celui du manque d’amour, celui de la non estime de soi. Et elle en a mis 3 au monde. Et je peux vous garantir que quelque soit le degré d’amour qu’elle a bien voulu prodiguer à l’une ou l’autre, nous sommes toutes les trois atteintes du syndrome du PN.
Je suis l’aînée. J’étais très souvent chez ma grand-mère paternelle. Première erreur d’une toute petite fille de moins de 2 ans. Et plus tard j’ai aimé lire… Deuxième erreur… Je ne pouvais être qu’une gourde à rester assise dans mon fauteuil en osier à dévorer les livres de la bibliothèque rose ou verte. Pourquoi n’étais-je pas aussi délurée que ma cadette qui elle – courait partout – collectionnait chenilles et vers de terre dans des petites boîtes d’allumettes. Pourquoi prenais-je tant cet air con quand ma mère me disait quelque chose ? Un air d’autant plus con devant une pâtisserie que j’étais gourmande.
Et j’étais d’autant plus con, que je n’étais même pas un garçon et qu’à cause de moi et de mes soeurs par la suite, le nom de mon père allait s’éteindre. Ô rage ! ô désespoir! Alors une fille qui lit, c’est un comble… Heureusement, il y a la cadette qui est une fille, aussi … mais qui court et qui se blesse comme un mec … et c’est la petite dernière, pour l’heure.
Je deviens doucement Kyty. Avec déjà des traits de caractère bien définis … Devinez lesquels ? Si ma cadette brisait un objet, je m’octroyais la faute … et les coups, si ma cadette disait des méchantes choses, je n’entendais rien et ne voulait surtout pas répéter. Si ma cadette voulait la dernière part de gâteau, je la lui donnait …
Et ma benjamine est née ! quelques 10 années plus tard. Mon bébé!
Et un jour il y a eu le feu à la maison et j’ai fui. En moins d’une heure … J’étais déjà con, je suis devenue une froussarde aussi. Un jour le chien m’a mordue, allez mordillée je vous l’accorde, mais pour moi ce fut un épisode, je devenais du même coup “chochotte”. Plus tard, j’ai été con, froussarde, chochotte, débile, marie-salope, bonne à rien, prétentieuse, feu au c…, j’en passe et les meilleures. Ainsi, ma vie s’est dessinée doucement mais sûrement.
Je suis devenue jeune fille … une toute jeune fille qui n’était pas informée et qui a “caché” cette nouveauté en elle…. Mes amies ont été informées elles … de la honte qui pesait sur moi d’avoir osé jeté ce petit sac dans le vide-ordure… Informées elles, moi humiliées déjà !
Et puis j’adorais mes cheveux. Ils étaient très longs, très raides, très noirs … Je les aimais. Mais à chaque faux pas (il n’y avait que ma mère qui savait si c’était un faux pas ou non, bien sûr), ELLE m’en coupé une grosse mêche de façon anarchique. J’ai souvent usé et abusé dans ma jeunesse et là j’ironise naturellement de l’expression ”coupe à la James Brown” et j’en ai eu beaucoup !!
Je suis devenue adolescente. Les hamburgers n’avaient pas encore envahi les villes mais les plaques de chocolat, la pâte à tartiner … vantaient déjà les bienfaits … du bien fait … donc des petits kilos. Je n’étais certes pas “grosse” mais pour ma jolie maman, tout ce qui l’entourait (voyez ici, je me chosifie toute seule, je dis “tout” ce qui l’entourait) devait être à son image. Et dès que j’ouvrais la bouche pour me délecter ne serait-ce que d’un carré de chocolat, je m’entendais dire “arrêtes de bouffer, tu vas crever dans ta graisse”. Serez-vous étonnés si je vous dis que j’ai forgé à vie des complexes de poids. J’ai pesé moins de 48kg à un moment de ma vie, décidée que j’étais de “ne pas crever dans ma graisse” et inconsciemment et çà je le sais …. pour plaire à ma mère. Elle a effectivement constaté que j’étais très mince voire trop mince … du coup, “je me la pètais”, “je me prenais pour qui ?” Oui mais moi me disais t’elle, je mange toute la sainte journée et je ne prends pas un gramme… D’ailleurs, untel m’a encore dit aujourd’hui que j’étais très désirable, que j’avais des yeux magnifiques … Qu’avec 3 enfants, j’avais un corps de jeune fille… Gnin!Gnin!Gnin! D’ailleurs j’ai une anecdote à ce sujet. Mon père qui supportait tout cela et tous les soirs et depuis des années, se trouvait fort dépourvu … Non, çà c’est une autre histoire, c’est une fable … … Un soir, ma mère ouvre la porte et s’apprête à lancer sa sempiternelle phrase narcissique “On m’a dit …”, mon père était assis en bout de table face à la porte et elle n’a pas eu le temps de moufter, qu’il a posé son coude sur la table et la montrant de son index, lui a rétorqué “je parie qu’on t’a dit que tu avais des beaux yeux…”. Je jubile encore en me remémorant ce doux moment … qui ne l’a pas empêché (maman) de recommencer les jours suivants.. Cela s’appelle de la conviction.
J’ai vécu 17 ans entre une mère PN et un père mysogine. Bonjour le cocktail !
A 15 ans, je tentais d’arrêter mes études pour les aider financièrement mais j’ai eu le malheur de louper un exament d’entrée dans une célèbre banque… Du coup, j’ai failli grâce à mon père faire des études “d’hôtellerie” mais sans passer par la case théorie… La pratique tout de suite et j’ai commencé ce jour là par le nettoyage de la moquette dans un hôtel restaurant situé à 80kms de notre lieu de résidence. Puni la Kyty. La fille de … ne doit rien rater surtout qu’on a obtenu ce rendez-vous par l’intermédiaire d’un supérieur de Papa. Si j’avais été un garçon, mais je suis une fille et je ne prétendre à grand chose.
Papa lui, m’a fait arrêter mes études en 1ère. Mes notes au bac de français n’étaient pas assez élevées d’après lui pour que j’aie la prétention de continuer …. Les profs sidérés lui ont fait un courrier … courrier il a lu … toise j’ai pris pour m’être (selon ses dires) plainte au corps enseignant. Mais je vous parle d’un temps ….. (clin d’oeil à Ella).
Résultat et cela ne me fait pas rire du tout …. Je me suis mariée. A 17 ans… La fuite en avant ! et le pauvre garçon de l’époque lui, n’y était pour rien. Je l’ai juste quitté deux ans après. Je ne l’ai jamais revu mais me suis toujours fait la promesse que si je le rencontrais, je lui demanderai pardon. Et mon père m’a fichue à la porte pendant de longs mois … Et ma mère me contait qu’elle ne comprenait pas ces “petites connes” de 20 ans qui divorçaient pour aller se faire ……. ailleurs. Je crois qu’elle n’en connaissait qu’une …. MOI! Et çà l’arrangeait.
Je ne vais pas tergiverser sur le pourquoi, comment, etc… Je veux juste dire que j’ai été sous l’emprise du mère manipulatrice et perverse pendant plus de 40 ans, que j’estime avoir loupé ma vie à cause de cette emprise, que je n’en ai plus honte parce que j’avance mais qu’il reste en moi, une trace indélibile de tout ce qui m’a été imposé, dicté etc… Que tout cela a fait de moi une écorchée vive, un être très paradoxal, à la fois pourvu d’une volonté et d’une force extraordinaire mais parallèlement d’une sensibilité, d’une émotivité insupportables …. et dangereuses. Dangereuses parce que vous avez là les deux ingrédients majeurs qui font qu’au moindre “je t’aime” prononcé par des personnes malveillantes ou manipulatrices, vous plongez … ce que vous ignorez, c’est vous venez de plonger non pas dans les eaux bleues d’un océan mais bel et bien dans un gouffre dont vous ressortez pas toujours indemne.
Pour vous dire aussi, que si nous sommes victimes de PN, il y a une raison. Je pense les connaître aujourd’hui et je viens de vous en livrer une partie. Je vais reprendre une phrase écrite plus haut.
CE N’EST PAS UNE RAISON …. non, ce n’est pas une raison valable pour se continuer à se laisser influencer, piétiner, humilier. Ce n’est pas une raison pour infliger nos états d’âmes à nos enfants et risquer de les faire reproduire ce même shéma, il y a eu assez de victimes comme cela. Je me suis fait la promesse de ne plus jamais, jamais, jamais, subir ce que je viens de subir ne serait-ce qu’en 2007 et 2008. Je me tromperai sans doute encore …. Mais la promesse n’est pas dans “l’absolument”, elle est dans le “résolument”. Je ne veux plus les stigmates d’une vie… Je veux la vie !