Beaucoup de travail pour ne pas rester sous la domination de mon PN et apprendre ce sacré « lâcher prise », qui s’écrit en deux mots simples mais si contradictoires. Lâcher quand on est pris(e) dans des filets si étroits est une performance qui ne mérite pas de médaille olympique, ni de reconnaissance sociétale mais vaut pourtant d’être salué.
Certes, j’ai vu le changement de mon PN à mon égard face à cette mutation qui de vilain canard noir (comme je me sentais) m’a transformée en cygne… ne cédant plus à sa domination et restant calme, distante mais respectueuse quoiqu’il arrive.
Mais j’avais oublié que la perversion narcissique est une pathologie qui ne guérit pas si le PN n’a pas conscience de sa maladie.
Alors conséquence que j’ignorais face à mon changement, mon PN s’en prend à ma fille.
Pour une stupide histoire de refus de ranger un objet que mon PN lui-même avait déplacé, ma fille a été confrontée à la colère non contrôlée de son père. « Tu dois m’obéir, respecter mon autorité, tu seras puni(e) ». ET bla bla bla, tous aussi terrifiants et disproportionnés face à la faute et qui faisaient sombrer une enfant dans l’horreur.
Et là mon cœur de mère a failli quand, ma fille s’étant enfermée dans une pièce, je l’entendais susurrer : « je suis nulle, pourquoi je suis venue dans ce monde pourri qui ne parle que de sexe, d’autorité…, je ne veux plus vivre… tout est de ma faute, je n’ai pas de chance… je suis maudite».
De tels propos dans la bouche d’une ado me bouleversaient.
Je réussis alors à la faire sortir avec des mots réconfortants.
Que n’avais-je pas commis ? Mon PN se jeta sur elle, lui accrochant son bras fermement et réitérant ses propos, puis après l’avoir relâchée, elle se réfugiait en pleurs, totalement devastée, dans sa chambre.
J’allais la rejoindre quand il me poussa dans ma chambre et là, j’eu droit à toute une série d’invectives car « je ne l’avais pas soutenu et que je me devais d’hurler sur ma fille comme lui, voire plus fort que lui ».
Mon erreur : avoir changé.
Ma faute : être restée calme
Ma responsabilité : ne pas l’avoir suivi dans sa furie aveugle contre sa fille.
Alors, à tous ceux qui nous jugent et nous accusent de faiblesses, répondez à cette question :
Faut-il rester faible face à un pervers narcissique que la société n’exhorte pas à se prendre en charge ?
Les psy conseillent à la victime de « fuir » et de « Lâcher prise ».
Mais rien n’est fait pour lutter contre cette perversion qui tue en bleuissant les cœurs et les cerveaux des victimes mais ne laisse aucune trace sur leurs visages et leurs corps.
Rien n’est fait pour interrompre ce cercle infernal qui fait que, quand une victime est victorieuse, s’échappe de sa domination, le pervers affamé de nécessité de calmer ses propres peurs, trouve une autre victime, y compris la plus innocente.
Et là, la société est coupable de non assistance à mineurs en souffrance.
Mais quelle crédibilité, les victimes adultes, mineures, ont-elles face à des êtres séduisants et machiavéliques que la société vénère ?